Chaque trace est une cicatrice …
Peindre est une double préoccupation.
Préoccupation technique bien entendu : faire des choix de moyens , de couleurs, de supports, prendre un parti pris, trouver ce qui va le mieux porter au regard de l’autre un univers qui, dans un jeu de dupes, n’est en fait destiné encore et toujours qu’à soi-même .
Mais surtout, préoccupation intime, on veut grandir, changer, avancer, se consoler de l’enfant que l’on était….
Parce que ces enfances, qu’elles aient été heureuses ou non, on les regrette, on les porte, on les supporte, même, on les traîne. Il nous faut faire avec. On ne peut ni les changer, ni les revivre, ni les renier. Ce renoncement de l’enfant que l’on était , est douloureux quelquefois… C’est dans cet espace-là que je vais puiser ma « réalité imaginaire ».
Imaginaire, car le peintre, comme l'écrivain , réinvente sa réalité et celle des autres , cherche des prétextes, mixe le vrai et le faux, redécouvre, s’invente ....
Mais derrière la représentation picturale : enfant, adulte, objet , matière, il s’agit à mon sens d’explorer sans cesse les mêmes sentiments de l’humain : sa beauté , sa laideur, ses espoirs et ses peurs …